DUPUIS- Le journal Spirou toujours en pleine forme !

Jonathan Dellicour, rédacteur en chef. photo: J.C.Hérin
En décembre 25, le journal Spirou réalisait ses meilleures ventes de l'année écoulée. Vent debout contre la concurrence, le magazine historique BD des éditions Dupuis depuis 1938 continue d'être publié une fois par semaine. Rencontre avec Jonathan Dellicour, rédacteur en chef du journal.
JEAN-CLAUDE HERIN
- Jonathan, vous êtes en place à Marcinelle depuis septembre 2024. Après 4581 numéros, est-il toujours facile de se renouveler ?
J.D. C'est un défi permanent. Il faut être à la fois « gardien du temple », en conservant la tradition de séries patrimoniales comme « Les Tuniques Bleues », « Yoko Tsuno », « Lucky Luke » (de Matthieu Bonhomme), Spirou et Fantasio » (avec Trondheim au scénario) qui reviendront, cette année, et aller à la rencontre d'un nouveau public avec des nouveautés comme « Des boutiques fantastiques de la rue Fracastic (où poussent d'étranges boutiques vivantes!), « Working Dead », Manoir à louer », « Dina et le Millimonde », "Mi-mouche"... Dans chaque numéro, j'essaie de faire cohabiter les deux tendances.
- Le magazine est-il un « catalogue » de BD à suivre ?
J.D. Non. Depuis quelques mois, j'ai ralenti le rythme des séries longues (3 au lieu de 4 par numéro ) pour laisser place à plus de récits courts et de gags. Donner la chance à de nouveaux auteurs talentueux d'avoir leur place a toujours été dans l'ADN de Spirou : c'est sa fonction de « laboratoire ». Certaines bandes dessinées à succès n'auraient peut-être pas été lancées en albums, si elles n'avaient connu leur début dans le magazine.
-Votre objectif est aussi d'en faire un magazine vivant.
J.D. Et être en contact avec le lecteur : c'est la raison pour laquelle j'ai fait renaître sur deux pages le courrier des lecteurs, avec le portrait de l'abonné, "Le strip dont vous êtes la star", "La Désastrologie" (horoscope approximatif), ou encore: 3 infos: 2 vraies, 1 fausse,... Dans « Spirou et moi », les auteurs expriment leurs liens affectifs avec le journal.
- Avec un accent sur des animations.
Oui, outre 3 numéros spéciaux de 100 pages, je multiplie les numéros à thèmes, avec la collaboration de plusieurs auteurs. Le numéro 4578, par exemple, a rendu hommage au dessinateur de Broussaille, trop tôt disparu: Frank Pé. Certaines rubriques deviennent récurrentes comme l'annonce de l'arrêt de la série « Dad » (classée numéro 1 en terme de popularité ) par Nob. Le public et les dessinateurs (comme Zep, auteur de Titeuf) sont invités à réagir. J'aime suprendre, créer la surprise, et parfois "bousculer" certaines habitudes...






