Jacky Druaux, un artiste comblé
Co-fondateur de la troupe carolo Cabaret 2000, Jacky Druaux multiplie les casquettes au Théâtre Marignan, puisqu’il est président et secrétaire de l'ASBL, comédien, metteur en scène, chargé de l’accueil, de la gestion des permanences et de la communication. Une solide équipe dont il fait partie a redonné vie à l’espace culturel mythique du Boulevard Tirou, après 5 années d’inactivité. Une façon d’œuvrer à la pérennité des lieux et à un redéploiement de la vie culturelle à la Ville Basse.
- 2018 a marqué un véritable tournant pour la troupe Cabaret 2000. Après avoir été transbahuté d’une salle de spectacle à l’autre, d’une ville à l’autre, vous voilà à présent gestionnaire et responsable de la programmation du Marignan…
J.D.( Jacky Druaux )- C’est une fameuse responsabilité, en effet ! Jean Hanne, qui reste le propriétaire, a déclaré qu’avec nous, «Le Marignan était en de bonnes mains ». C'est vraiment sympa de la part du «big boss», également patron du complexe cinématographique Pathé/Charleroi, d’avoir dit cela. Il s’est chargé, entre autres, de la remise en ordre des sanitaires, l’installation de nouvelles chaudières,… De notre côté, le crowdfunding que nous avons lancé, en mai dernier, nous a rapporté la belle somme de 20 000 € ! Nous avons pu ainsi rafraîchir les lieux (dont le bar quasi entièrement), ajouté de nouvelle enceintes sonores, un jeu d’orgue pour l’éclairage, des pendrillons,… Je pense que le confort de la salle est inégalable.
-Un de vos objectifs était aussi de multiplier l’offre. Avez-vous atteint l’objectif que vous vous étiez fixé ?
J.D. -Bien sûr, pour les spectacles de Cabaret 2000, nous passons de 50 représentations par an pour la saison 2017-2018 à 86 pour la saison actuelle. Et nous accueillons des troupes, comme le Théâtre de la Toison d’Or pour «Sous la robe», une troupe carolo extérieure pour «Un monde merveilleux ?»(les 8 et 9 février), le one-man-show de Kody ( déjà complet ! ),… Si l’on fait les calculs, nous faisons 2 saisons et ½ en une, par rapport à l’année passée. Quant aux spectateurs, nous avons passé la barre des 5000, depuis l’inauguration officielle, le 7 septembre. Et nous en attendons encore plus jusqu’en juin.
-Vous hébergez également la Maison du Conte, qui vous tient à cœur…
J.D : - Oui, je suis le directeur de l'ASBL, et je suis moi-même conteur. Depuis son implantation au centre ville au Marignan, cette institution permet, grâce à l'aide du projet initiative citoyenne carolo, de proposer des histoires contées et des balades pour petits et grands à l'occasion des événements ponctuels de l'année (Eté, Halloween, Noël,St Nicolas,…). Le conte est une discipline du monde du spectacle.
T-out seul, vous ne pourriez pas mener la barque…
J.D. :-Certainement. Nous formons une équipe plus que soudée avec Antoine Vandenberghe, Michelle Vercammen, Luigi Di Giovanni et plus récemment Jean-Charles Gosseries. Nous avons bien réparti les rôles : le bar pour Luigi, la comptabilité pour Michelle, la diffusion pour Jean-Charles, les comédies et le théâtre pour Antoine,… Tous les 15 jours, nous évaluons ce qui a bien marché mais aussi ce que l’on peut améliorer. L’important est de s’écouter…
Une équipe soudée
-Vous proposez des spectacles de divertissement. Mais la concurrence est rude, autour de vous…
J.D : -En effet, il y a vraiment un public à Charleroi qui apprécie ce type de spectacles. A nous de bien veiller à la programmation, pour ne pas proposer les mêmes titres que des salles voisines… J’ai l’habitude de dire que le soleil doit briller pour tout le monde, même si dans la réalité, les choses ne sont pas si simples… Nous essayons de ne pas nous limiter à un genre. Bien sûr, les vaudevilles, comme «Adieu, je reste !» d’Isabelle Mergault, sont prisées par nos fidèles. Nous aimons aussi y ajouter de la réflexion comme «Bonté divine ! » de Colla et Lenoir (sur l’unité entre les religions), ou parler de rapports sociaux comme dans «Marius» de Pagnol. Et nous comptons reprendre les spectacles de cabaret. Notre troupe a commencé comme ça ! JCH
La bonne humeur règne à Cabaret 2000
-En quelle année vous êtes-vous véritablement lancé professionnellement dans le théâtre ?
J.D.: - Mon 1er spectacle pro remonte à 1985 avec l'Ancre, puis les spectacles se sont enchainés au Poche, au Vaudeville, aux Molières et Mocassins... Puis naissance de Cabaret 2000 en ...2000 avec des saisons complètes de comédies, à partir de 2008. De 1989 à 2008, j'ai été choriste, chanteur, comédien, régisseur pour Charleroi Opérettes. En parallèle, j'ai joué des comédies musicales avec Tintin et le Temple du Soleil en 2002, Jésus Christ Superstar à Villers la Ville, Titanic à l'Opéra Royal de Wallonie, Anastasia, la Belle et la Bête avec Artfantesie. Depuis 1991, j'interprète des contes de l'auteur wallon François Noul. Pubs, télé et cinéma (petits rôles) marquent aussi ma carrière. J'ai beaucoup de plaisir à participer à ces différentes disciplines du monde du spectacle, car il y a toujours quelque chose à découvrir et à partager .
Ce qui m'a marqué en 2018:
- La Coupe du monde de foot et de hockey et la ferveur «belgicaine » qui en a découlé, mais je ne cautionne vraiment pas le nationalisme outrancier. En toutes occasions, il faut garder le triomphe modeste et la tête bien sur les épaules…
-Le Carnaval carolo. Il se forge une belle identité entre modernité (cortège de l’Eden, associations diverses et locales,… ) et tradition (Gilles, Spirous, Géants, Climbias,… ). Le brûlage du corbeau et des idées noires est un beau point d'orgue.
-Les élections communales carolos: de jeunes élus et des plus chevronnés sont amenés à assurer la continuité des chantiers engagés, qu'ils soient culturels, économiques, sociaux. Je crois beaucoup en toute cette équipe pour l’avenir de Charleroi.
Mes coups de coeur :
- Tout ce qui peut mettre un terme aux ségrégations, qu’elles aient trait à la couleur de la peau, aux religions, aux classes sociales, à l’orientation sexuelle, à la façon de manger, de se vêtir,…On est humain avant tout.
-Les élans citoyens de charité désintéressée pour les migrants et les SDF d'où qu'ils viennent et pas que de chez nous. Comme si la misère n'appartenait qu'à un peuple ...
- La BD : des modernes : Undertaker, Shi, XIII, Jérémiah , Soda et des classiques : Félix, Luc Orient, Lester Cockney de Franz , un excellent dessinateur Franquin . Je suis toujours abonné à Spirou, fleuron carolo et mondial de la bd.
- Musique : Bohemian Rhapsody : surtout pour la B.O. dont les succès m'accompagnent depuis mon adolescence.
-Le Show Case : spectacle de musique, danse, théâtre, stand up, humour, impro proposé par les humanités artistiques de Vauban en collaboration avec le Conservatoire Grumiaux de Charleroi, où je donne des cours de déclamation. J.C.HERIN