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MARCINELLE- Ruche Théâtre: " La Belle aubergiste" d'après Goldoni

 

AFF WEB.jpgLa trame ressemble à un canevas de la Commedia dell'Arte : Mirandolina, jeune aubergiste qui fait chavirer tous les cœurs de passage dans son auberge, est le doux sujet de la querelle de deux gentilshommes, le comte et le marquis.

Elle accepte voire encourage leur cour effrénée. Le marquis offre les bijoux les plus somptueux pour avoir la femme de son cœur tandis que le comte qui « sait qui il est et qui sait ce qu'il vaut», honore sa belle de sa protection.

 Mais Mirandolina, loin d'aspirer à une vie riche ou protégée porte toute son attention sur un troisième pensionnaire de son auberge : le chevalier qui dit mépriser les femmes. Elle jure alors de séduire ce dernier pour qu'il se dédise…

Quand?

Les 2, 3, 4, 5, 9, 10, 11 et 12 mai 2013 à 20h30 (sauf dimanche à 16h30)

Salle le Grenier – la Ruche Théâtre, avenue Marius Meurée 1, 6001 Marcinelle

Réservations :

Comedia77 -  0491/630.888 -  info@comedia-77.be.

 

Prix: de 14 à 8 euros. - 12 ans:gratuit. 

 

Pour de plus amples renseignements: Visitez le  site www.comedia-77.be

 

 

L’auteur: Carlo Goldoni

 

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Goldoni

Né dans la Venise du XVIIIe, le jeune Carlo Goldoni est très tôt inspiré par le théâtre qu’il voit dans la rue. A l’âge de 9 ans, il écrit une pièce destinée au théâtre de marionnettes.

 

Ses parents n’estimant pas la carrière théâtrale digne de leur famille, ils envoient leur fils étudier dans les écoles les plus strictes. C’est à Pavie que Goldoni échoue dans l’austère Collegio Ghislieri où la tonsure est de mise.

 

L’adolescent ne tarde pas à s’attirer les foudres des habitants en écrivant "Il Colosso", un poème satirique dans lequel il ridiculise certaines filles de la ville. Renvoyé du collège, Goldoni poursuit des études de droit dans diverses écoles. Il commence une carrière de juriste qui le fait revenir à Venise en 1729.

 

Après la mort de son père en 1732, il part pour Vérone où Giuseppe Imer, directeur de théâtre, l’encourage à écrire. Sa première œuvre, une tragédie intitulée "Amalasunta", est présentée à Milan mais ne rencontre pas le succès escompté. Après plusieurs échecs dans le genre tragique, Goldoni comprend que sa vraie voie est la comédie. Il s’inspire de la commedia dell’arte qui règne dans l’Italie du XVIIIe et des pièces de Molière pour réformer la dramaturgie.

 

Son premier succès s’intitule "L’Uomo di mondo" et marque la naissance de la comédie italienne moderne, avec des personnages plus développés que Pantalon ou Arlequin et un texte qui ne laisse plus autant de place à l’improvisation : les comédiens tombent le masque et s’inscrivent dans plus de réalisme.

 

Poursuivi par les critiques acerbes des autres dramaturges italiens, dont Carlo Gozzi, Goldoni finit par se lasser de la querelle et accepte de gagner Paris où la troupe du théâtre italien l’a invité. En France, Goldoni écrit pour le théâtre et devient professeur d’italien à la Cour. Reconnaissant envers les Français, il leur écrit un hommage dans "Le Bourru bienfaisant". C’est d’ailleurs en français que le dramaturge compose ses oeuvres.

 

Après la mort de Louis XVI, Goldoni, alors octogénaire, est privé de ses pensions et meurt dans l’indigence en 1793. Incroyablement prolixe, Carlo Goldoni a réussi l’exploit d’écrire plus de 200 oeuvres en l’espace de 20 ans.

 

Ce qu’en pense Goldoni lui-même

 

« Mirandolina tient un hôtel garni à Florence, et par ses grâces, par son esprit, gagne, même sans le vouloir, le cœur de tous ceux qui logent chez elle.

 

Des trois étrangers qui logent dans cet hôtel, il y en a deux qui sont amoureux de la belle hôtesse. Le Chevalier Ripa'Fratta, qui est le troisième, n'étant pas susceptible d'attachement pour les femmes, la traite grossièrement, et se moque de ses camarades. C'est précisément contre cet homme agreste et sauvage, que Mirandolina dresse toutes ses batteries ; elle ne l'aime pas, mais elle est piquée, et veut, par amour-propre et pour l'honneur de son sexe, le soumettre, l'humilier et le punir. Elle commence par le flatter, en faisant semblant d'approuver ses mœurs et son mépris pour les femmes : elle affecte le même dégoût pour les hommes ; elle déteste les deux étrangers qui l'importunent ; ce n'est que dans l'appartement du Chevalier qu'elle entre avec plaisir, étant sûre de n'être pas ennuyée par des fadaises ridicules.

 

Elle gagne d'abord, par cette ruse, l'estime du Chevalier qui l'admire, et la croit digne de sa confiance ; il la regarde comme une femme de bon sens ; il la voit avec plaisir.

 

La Locandiera profite de ces instants favorables, et redouble d'attention pour lui. L'homme dur commence à concevoir quelques sentiments de reconnaissance ; il devient l'ami d'une femme qu'il trouve extraordinaire, et qui lui parait respectable. Il s'ennuie quand il ne la voit pas ; il va la chercher ; bref, il devient amoureux.

 

Mirandolina est au comble de sa joie ; mais sa vengeance n'est pas encore satisfaite ; elle veut le voir à ses pieds ; elle y parvient et alors elle le tourmente, le désole, le désespère, et finit par épouser, sous les yeux du Chevalier, un homme de son état à qui elle avait donné sa parole depuis longtemps.

 

Le succès de cette pièce fut si brillant qu'on la mit au pair, et au-dessus même, de tout ce que j'avais fait dans ce genre, où l'artifice supplée à l'intérêt. On ne croira peut-être pas, sans la lire, que les projets et les démarches et le triomphe de Mirandolina soient vraisemblables dans l'espace de vingt-quatre heures. On m'a flatté peut-être en Italie; mais on m'a fait croire que je n'avais rien fait de plus naturel et de mieux conduit, et qu'on trouvait l'action parfaitement soutenue et complète. D'après la jalousie que les progrès de Corallina produisaient dans l'âme de Madame Medebach, cette dernière pièce aurait dû l'enterrer ; mais comme ses vapeurs étaient d'une espèce singulière, elle quitta le lit deux jours après, et demanda qu'on coupât le cours des représentations de La Locandiera, et qu'on remît au Théâtre Pamela.

 

Le public n'en était pas plus content ; mais le Directeur ne crut pas devoir s'opposer au désir de sa femme, et Pamela reparut sur le Théâtre après la quatrième représentation d'une pièce heureuse et nouvelle. Ce sont des petites galanteries qui arrivent presque partout où le despotisme se moque de la raison. Pour moi, je n'avais rien à dire ; il s'agissait de deux de mes filles et j'étais tendre père de l'une comme de l'autre. Goldoni - Extrait de ses mémoires

 

Le mot du metteur en scène :Thierry Ledent

 

Monter cette pièce aussi prestigieuse qu’ambigüe s’est vite présenté à moi comme une gageure.

Dès la première lecture, je me suis rendu compte que cette œuvre était non seulement drôle mais aussi cruelle et loin de la Commedia dell’arte telle que l’on imagine.

 

Ne pas présenter la vie telle qu’elle est mais inventer un monde qui la raconte, qui fait rire et pleurer, qui questionne … voilà le but de cette pièce ! Dans cette optique, très vite, l’envie m’est venue d’épurer le texte et d’axer le spectacle sur la nature des rapports humains.

 

Le premier travail s’est concentré sur l’expression caricaturale du corps greffé sur le sens du texte porté à son paroxysme. Il fallait évacuer toute interférence et tout psychodrame.

 

Grâce à une équipe de comédiennes et de comédiens fort engagés, nous avons abordé avec Louise Delcourt, au cours de douze ateliers préparatoires, une pédagogie qui comme un laboratoire, nous a fait chercher et changer, bref nous a fait nous libérer des multiples contraintes de l’art dramatique. Merci à elle.

 

Bien qu’il ait fallu encore des mois de réflexion pour que les comédiens s’épanouissent, nous sommes arrivés, ensemble, à nous surprendre chaque soir, sans numéro d’acteur et à demeurer dans le théâtre, lieu de questionnement et d’apprentissage.

 

Comedia77 :

 

Le chiffre 7 étant depuis toujours considéré comme sacré, la compagnie dramatique COMEDIA 77 a sans doute bien fait de le doubler pour son appellation.

 

Cela semble lui avoir réussi puisque voilà 35 ans qu'elle existe et qu'elle continue à monter des spectacles captivants, contre vents et marées.

 

C'est en effet en 1977 que plusieurs élèves, issus de la classe d'art dramatique du Conservatoire de Charleroi, décident de monter une compagnie théâtrale.

 

A l'époque, ils ne doutaient de rien et avaient dès le départ des idées très établies sur ce qu'ils voulaient ou ne voulaient pas faire. Sans avoir un quelconque mépris pour le théâtre de divertissement basé sur le "gros comique", ils optent très vite pour un théâtre fort qui, sans négliger l'humour, s'ouvre à la réflexion.

 

A partir de 1990,  Comédia 77 joue dans la salle de spectacle de l'établissement où la plupart de ses comédiens se sont formés.  Elle marque ce retour aux sources par une magistrale interprétation de la très belle pièce de Jean-Claude Grumberg "l'Atelier", une performance saluée par la presse spécialisée. En 1998, elle réussit la gageure de monter avec succès la pièce à grande distribution (17 comédiens) de Jean-Noël Fenwick "Calamity Jane". La saison suivante, la nouvelle grande production ambitieuse: "Les sorcières de Salem" d'Arthur Miller remporte un succès comme jamais au paravant!. Sans oublier d'autres grands moments comme: "La Tempête" (W. Shakespeare), "Les palmes de Mr Schutz" ( Fenwick), "Mort sur le Nil" (Agatha Christie), "Hôtel des deux mondes" (E.E. Schmitt), "Barouffe à Chioggia" (C.Goldoni),  "Ladies Night" 

 

Depuis 2009, la compagnie s'est établie dans cette ancienne salle mythique et complètement rénovée, le tout nouveau lieu de théâtre carolo, "La Ruche Théâtre".

 

Là, les nouvelles productions se font de plus en plus audacieuses et Comedia 77 monte  en exclusivité mondiale: "Les yeux du Dragon" de Stephen King. Suivront des spectacles toujours aussi forts: " Un baiser, un vrai ", “Femmes”( Dario Fo) Depuis 1977, la compagnie a mûri.  Elle est devenue plus exigeante vis-à-vis d'elle même.  Elle considère qu'elle a encore moins droit à l'erreur qu'avant...

 

Christine Michel, Présidente de Comedia77

 

 

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